Arabie Saoudite – L’intolérable condition des femmes en vidéos

#TogetherToEndMaleGuardianship – Human Rights Watch met en dessins animés la condition des femmes en Arabie saoudite. 

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Ces vidéos montrent l’intolérable condition des femmes en Arabie Saoudite

Le 17 juillet, l’ONG Human Rights Watch a dévoilé un rapport concernant la tutelle masculine sur les femmes en Arabie Saoudite. Pour dénoncer cet état de fait, l’organisation a créé une série de vidéos mettant en scène des situations de la vie quotidienne dans lesquelles la gent féminine est obligée d’avoir l’accord d’un tuteur masculin. Des images saisissantes…

Ce n’est un secret pour personne, certains pays laissent très peu de place aux femmes. C’est notamment le cas en Arabie Saoudite qui fait régulièrement la Une de l’actualité à cause de dispositions discriminatoires envers la gent féminine. Il faut dire que la monarchie est régie par une suprématie masculine exceptionnelle. En effet, les femmes sont considérées comme des mineures par la loi et sont donc sous la tutelle d’un homme qui peut être leur père, leur mari, leur frère ou même leur fils dans certains cas. Un système qui oblige les femmes à demander la permission à ces tuteurs pour partir l’étranger ou encore se marier. Des choses qui peuvent paraître simples, mais qui sont des interdits pour beaucoup. Si nombre de défenseurs des droits des femmes appellent à un changement de la situation en Arabie Saoudite, le chemin est encore long. C’est ce que prouve l’organisation non gouvernementale Human Rights Watch dans un rapport baptisé Prises au pièges : Les femmes sous tutelle masculine en Arabie Saoudite réalisé à partir de l’étude des lois, de la politique et de documents officiels ainsi qu’avec des témoignages de Saoudiennes. Avec ce dernier, l’association a lancé une série de vidéos animées dans laquelle on découvre plusieurs situations où la suprématie des hommes est criante. Une campagne baptisée #TogetherToEndMaleGuardianship, soit « Ensemble mettons fin à la tutelle masculine ».

Par exemple, on découvre l’histoire d’une femme battue par son mari. Celle-ci décide de s’enfuir et de se réfugier dans un centre d’aide. Finalement, une autre femme lui affirme que la meilleure solution serait qu’elle se réconcilie avec son époux. Elle finit par être récupérée par son tuteur dans l’établissement avant que son calvaire ne recommence. Dans une seconde vidéo, on peut voir une chirurgienne cardiaque invitée à une grande conférence située à Londres. Elle demande la permission de voyager à son tuteur qui n’est autre que son fils. Ce dernier, en pleine partie de jeu vidéo, affirme qu’il n’a pas envie et qu’il est occupé. Enfin, on peut également observer comment un homme refuse qu’une femme puisse sortir de prison. Car oui, un homme peut refuser qu’une femme sorte de prison une fois qu’elle a purgé sa peine.

« Les [autorités] gardent une femme incarcérée jusqu’à ce que leur tuteur légal vienne la récupérer, même si c’est lui qui l’a fait mettre en prison », a expliqué une militante pour le droit des femmes à Human Rights Watch. A ce moment-là, elle peut être transférée dans un autre centre ou alors contrainte à un mariage arrangé.

Peu de progrès

Si depuis quelques années, l’Arabie Saoudite semble avoir laissé quelques miettes aux femmes en leur donnant le droit de vote et de représentation aux élections municipales, en levant la permission pour travailler, en punissant les violences domestiques et en nommant 30 femmes au conseil consultatif le plus haut de la monarchie, ce ne sont que peu de choses pour arriver à l’égalité. Et dans la réalité, tout est toujours compliqué pour les femmes. Par exemple, bien que la permission ne soit plus obligatoire pour travailler, beaucoup d’employeurs continuent de demander l’accord du tuteur masculin sans être inquiétés. Rappelons aussi qu’elles n’ont pas le droit de conduire. Quelque chose qui chaque année coûte des millions au pays :

En Arabie saoudite, les femmes dépendent des hommes de leur famille ou d’un chauffeur pour leurs déplacements. Elles n’ont pas le droit de conduire.

Pour maintenir cette interdiction, les saoudiens embauchent 8000 chauffeurs privés pour 4 milliards de dollars par an. L’Arabie saoudite est le seul pays au monde à interdire aux femmes de conduire. Et c’est probablement aussi le seul pays à avoir les moyens de payer pour que les femmes ne conduisent pas.

Seulement, toutes les familles saoudiennes n’ont pas les moyens de se payer des chauffeurs privés. L’interdiction de conduire pose de gros problèmes aux femmes des classes moyennes et populaires obligées de prendre des taxis, parfois à plusieurs pour réduire les coûts.

Les militants-es opposés-es à l’interdiction de conduire expliquent qu’environ la moitié de la population saoudienne est contre le changement et tout particulièrement, les riches qui ont des chauffeurs. S.C

Voici donc une société complètement gangrenée par la tutelle masculine qui ne laisse aucune échappatoire aux femmes. Une impuissance que l’on ressent dans les différents témoignages récoltés par Human Rights Watch.

« Croyez-le ou non, mon fils est mon tuteur, ce qui est vraiment humiliant… Mon propre fils, celui à qui j’ai donné naissance, celui que j’ai élevé, c’est lui mon tuteur », révèle une femme de 62 ans. « Le système de tutelle continue d’être un cauchemar. Je ne veux pas me marier parce que je ne veux pas qu’un étranger me contrôle… Au fond, c’est de l’esclavage », explique une jeune femme d’une vingtaine d’années, quand une autre affirme : «Vous n’avez aucun contrôle sur votre propre corps… Chaque étape de votre vie devient source de nervosité. Tous les efforts et le temps que vous avez investis pourraient disparaître en une seconde si votre tuteur le décide ». Enfin, d’autre ont des mots encore plus durs : «Je préférerais que vous me tuiez plutôt que de laisser l’homme qui abuse de moi prendre le contrôle de mon existence ».

Espérons que les appels répétés des défenseurs des droits des femmes dans le pays finissent par être entendus ! Cette situation ne peut plus durer, et est d’autant plus choquante lorsque l’on sait que l’Arabie Saoudite est depuis 2000 État partie à la Convention des Nations Unies sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) comme le rappelle Human Rights Watch. Quelque chose qui signifie qu’elle est juridiquement obligée d’en finir avec la tutelle masculine. Il y a quelques mois, la monarchie a affirmé que le gouvernement « continuera à développer les talents [des femmes], à investir dans leurs capacités productives et à leur permettre de contribuer au développement de notre société et de notre économie » dans les prochaines années.

D’après aufeminin.com, compléments Sans Compromis

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