Les anti-IVG s’inspirent de Pokémon GO pour dénoncer l’avortement

En France, en 2016, des jeunes militent contre l’avortement, chapeautés par Emile Duport, un spécialiste des sites anti-ivg. Ils se sont baptisés « les survivants » et disent se battre pour « les 1 sur 5 » , en référence au nombre d’avortements et de naissances chaque année dans le pays.

Officiellement, “les survivants” disent n’être affiliés à aucun parti politique ni à aucune mouvance idéologique. Mais sans surprise, beaucoup viennent de la droite conservatrice, de la Manif pour tous et de l’extrême droite. Lorsqu’ils manifestent, leur service d’ordre est issu du groupuscule d’extrême droite royaliste Action française.

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Dernièrement, « les survivants » ont décidé de détourner Pokemon Go au profit d’une campagne anti-IVG en lançant leur propre jeu sur mobile, Sauvezpikachu.com. Ils invitent les joueurs à décider si le personnage doit vivre ou mourir après lui avoir raconté une histoire, en comparant son sort à celui d’un enfant : 

« Il était une fois une Pikachu. Pikachu tombe amoureuse d’un autre Pikachu. La vie est belle ! Quelques temps plus tard, Pikachu attend un Pichu… »

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Il est ensuite demandé au joueur s’il veut abandonner l’œuf qui aurait pu donner naissance à la bête mignonne.

S’il décide de ne pas le faire éclore, une page s’affiche, moralisatrice :

« Pikachu n’a jamais vu le jour, il n’a pas eu l’occasion de devenir le personnage fabuleux qu’on a tous aimé ».

Suit un texte contre l’avortement où « les survivants » font leur publicité.

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Flippant !

Donc on ne tombe pas dans le panneau. On ne se trompe ni de jeu, ni de site d’information pour le droit à l’avortement –> ivg.social-sante.gouv.fr étant l’unique site fiable, contrairement aux vrais faux sites « d’info » conçus par des anti-IVG pour culpabiliser sur l’avortement. 

Et on dénonce la propagande anti-IVG, surtout quand elle a l’air cool. 

Complément : Des anti-IVG taguent des Pokémon sur les trottoirs, des féministes les recouvrent

Les grosses intox du mouvement anti-IVG des «Survivants»

Captures d'écran Twitter et Facebook.

Captures d’écran Twitter et Facebook.

Sauvezpikachu, Testpositif ou Afterbaiz : qu’est-ce qui se cache derrière ces sites anti-IVG à l’allure pastel ?

Une campagne, lancée dans les rues de Paris en août, fait la promotion de Sauvezpikachu.com, un site mobile anti-avortement reprenant les codes de Pokémon

Vous avez peut-être rencontré leur campagne de marketing dans les rues. Divers messages anti-IVG (interruption volontaire de grossesse) ont été affichés, au début du mois d’août, sur les trottoirs parisiens. Ils renvoient tous au site mobile Sauvezpikachu.com, qui incite les internautes à toujours favoriser la grossesse à l’avortement. 

Derrière ce site, les Survivants, un mouvement anti-avortement, et plus précisément Emile Duport, un communicant également à l’origine des sites Testpositif.com et Afterbaiz.com, comme signalé par Metronews. Toutes ces adresses ont un point commun : elles militent contre l’avortement, « le plus grand malaise de notre société », d’après le concepteur, interrogé par francetv info. Et il n’est pas le premier à se servir d’internet pour faire passer ce message. « Le combat contre les sites anti-IVG est un sujet qui nous mobilise depuis longtemps », explique le cabinet de la ministre Marisol Touraine, également contacté par francetv info

Quelle est la recette de cette toute dernière campagne anti-IVG ? Francetv info vous en détaille les ingrédients. 

Un discours jeune et des couleurs séduisantes

« Kiffé, lol, wtf », des « tutos » YouTube sur fond de musique électro et couleurs pastel. Telle est la première force de ces sites.

« On n’a opté pour des titres courts, des visuels éloquents et une forte présence sur les réseaux sociaux. On a aussi optimisé pour une meilleure consultation mobile », se vante Emile Duport, concepteur des sites, qui a utilisé ces divers « ingrédients marketing pour que ce soit adapté au public » jeune des différents sites. 

 

Le site Testpositif.com souhaite répondre aux questions des jeunes femmes enceintes. Il lutte également contre l'avortement. (TESTPOSITIF.COM / FRANCETV INFO)

Le site Testpositif.com souhaite répondre aux questions des jeunes femmes enceintes. Il lutte également contre l’avortement. (TESTPOSITIF.COM / FRANCETV INFO)

« Ces sites-là sont très beaux. Ils sont forts en communication. Les couleurs, les références à des séries connues, c’est ‘punchy’ ! Tout ceci donne aux jeunes l’envie de regarder », reconnaît Eléonore Stevenin-Morguet, porte parole d’Osez le féminisme contactée par francetv info. L’association a donc décidé de lancer une toute nouvelle campagne en septembre, accompagnée d’un site « adapté aux jeunes. »

Avant l’association, le ministère des Affaires sociales et de la Santé s’était déjà lancé dans la refonte de son propre site d’information, IVG.gouv.fr.

« Un groupe de travail est dédié à l’amélioration du référencement du site depuis plusieurs mois et continue de travailler. Grâce à cela, on a marqué des points décisifs contre les sites mastodontes des anti-IVG, notamment en intégrant des codes plus jeunes, plus ludiques, en adoptant un ton plus pratique », explique le ministère qui se targue d’être le premier site référencé sur Google pour une recherche sur l’IVG.

Un discours anti-IVG derrière une apparence de site-conseil

« Tu viens de découvrir que tu es enceinte. Et en ce moment, c’est un peu Fukushima dans ta tête. Tu t’imagines déjà seule, sous un pont, avec ton bébé, abandonnée de tous. Tu n’es pas toute seule avec tes questions, ce site te permet de faire le point sur tout ce qui t’arrive et de prendre un peu de temps pour toi pour t’aider à y répondre. » 

Le site Testpositif.com s’annonce comme un soutien, une oreille en cas de panique. « On a pas l’impression d’être sur un site anti-IVG, remarque Eléonore Stevenin-Morguet. Leur position n’est pas affirmée directement, mais c’est encore plus dangereux. »

« Essaye de faire un choix pour ton bien et pour le bien de la vie que tu portes, parce qu’il faut pas oublier qu’être enceinte, c’est attendre un bébé », affirme une vidéo. 

« Les discours véhiculés sur ces sites sont culpabilisantsdéplore la porte-parole d’Osez le féminisme. On a l’impression de retourner dans les années 1970 avec leur discours rétrograde sur l’avortement. » 

« Afterbaiz c’est du vrai conseil auprès des jeunes », défend Emile Duport.« Maintenant effectivement, on a un discours très clair qui est que l’avortement n’est pas une solution de rattrapage. Le meilleur IVG est celui qu’on évite », ajoute-t-il. 

Des informations parfois fausses

« Pour faire valoir leur cause, les Survivants affirment des choses aussi fausses que dangereuses », prévient BuzzFeed, avant de souligner plusieurs erreurs. « Scientifiquement, certaines affirmations sont fausses. Un embryon ne ressent pas la douleur au moment où il est possible d’avorter. Ils sont dans l’intox. Tout comme quand ils affirment que l’avortement rendrait stérile, ou qu’une femme sur deux avorterait en France. Ils gonflent tous les chiffres », pointe Eléonore Stevenin-Morguet.

« Sur les Survivants, on est attaqués sur une page sur laquelle on a reproduit les contenus d’un bouquin et, effectivement, il y a quelques modifications à faire », admet Emile Duport. 

Sources : FranceInfo.fr, Twitter et Facebook pour l’image de partage « à la une »

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Une réflexion sur “Les anti-IVG s’inspirent de Pokémon GO pour dénoncer l’avortement

  1. Mais jusqu’où iront-ils/elles ces pseudo « survivant.es » ? Prendre Pikachu en otage avec ce jeu odieux… Sasha devrait porter plainte (je ne sais pas si Pikachu a légalement le droit de le faire #specisme).

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