La bibliothèque féministe de Londres expulsée de ses locaux

Quand des espaces culturels et patrimoniaux féministes doivent céder la place à des appartements de luxe, à des boutiques et à des bars.. Ou comment faire taire les femmes et invisibiliser leur histoire en les expulsant de leur lieu de mémoire. 

Grâce à une mobilisation tenace, l’expulsion prévue en mars a été reportée en octobre 2016. Seulement, il faut trouver un autre lieu abordable d’ici l’automne. Le moindre soutien à la bibliothèque féministe est évidemment le bienvenu, depuis le don au fonds d’urgence dédié, en passant par le soutien sur les réseaux sociaux Facebook et Twitter. 

« L’intérêt le plus important de la bibliothèque est sans doute de rappeler aux femmes combien nous avons gagné et ce que nous avons à perdre (…) On nous rappelle tous les jours que nos droits durement acquis ne sont pas gravés dans la pierre. Ils peuvent être annulés aussi vite que les changements climatiques politiques s’opèrent, et nous devons être vigilants pour les protéger ».

Les bénévoles de la bibliothèque féministe protestent contre son expusion. (Photo : feministlibrary)

Les bénévoles de la bibliothèque féministe protestent contre son expusion. (Photo : feministlibrary)

Cela fait plus de 40 ans que la bibliothèque féministe archive et documente le mouvement de libération des femmes en Grande-Bretagne et dans le monde. Lancée par des militantes bénévoles à Londres, elle abrite la plus grande collection d’ouvrages sur cette thématique et constitue une véritable ressource pour les chercheurs, les militants et toutes les personnes intéressées par l’histoire du féminisme.

Installée depuis 30 ans dans une maison de Southwark, un quartier de Londres situé immédiatement au sud du London Bridge, la bibliothèque féministe sera expulsée dans les mois qui viennent et est à la recherche d’un nouveau toit.

Gentrification du quartier

La nouvelle est tombée en décembre 2015 : dans le cadre de la gentrification galopante du quartier, le Southwark Council (conseil municipal local) réclame à l’association une augmentation spectaculaire et immédiate du loyer, le faisant passer de 12 000 à 30 000 livres par an. Une somme impossible à honorer pour la bibliothèque, dont le fonctionnement est essentiellement assuré par des bénévoles. Verdict : en cas de non paiement du loyer, la bibliothèque sera expulsée le 1er mars 2016.

La bibliothèque entre alors en campagne pour lutter contre la décision du conseil et publie une pétition en ligne qui recueille plus de 15 000 en seulement quelques jours et de nombreux soutiens.

« Vandalisme culturel »

« La bibliothèque féministe est une merveilleuse ressource culturelle qui doit être défendue à tout prix, a déclaré Laura Schwartz, professeur agrégé d’histoire moderne britannique à l’Université de Warwick ; plusieurs générations de mes étudiants l’ont utilisée, à la fois dans le cadre de leurs recherches universitaires mais aussi comme source d’information sur l’oppression continue des femmes dans notre société et sur la façon de lutter contre elle. La bibliothèque est la seule archive de Londres où un large éventail de publications féministes est vraiment accessible au grand public et disponible sur les étagères ouvertes. Elle fournit également l’un des rares espaces dans le centre de Londres où les femmes et les militantes féministes peuvent se réunir et organiser un monde meilleur. Si la bibliothèque féministe est expulsée de ses locaux actuels, le Southwark Council ne sera pas seulement coupable de vandalisme culturel, mais aussi coupable de faire taire les femmes. »

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Si le bureau du Southwark Council accepte, sous la pression, de reporter l’expulsion au 30 octobre 2016, la bibliothèque féministe doit néanmoins trouver un nouveau toit (au loyer abordable) pour abriter ses 7 000 ouvrages, ses 1 500 titres de périodiques du monde entier ainsi que tous les documents qu’elle conserve (archives de personnalités ou d’organisations féministes, brochures, affiches, flyers, etc). Elle souhaite également, comme c’était le cas dans ses locaux de Southwark, bénéficier d’un espace lui permettant d’organiser des réunions, des lectures, des expositions ou tout autre type d’événements

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Soutiens

« L’intérêt le plus important de la bibliothèque est sans doute de rappeler aux femmes combien nous avons gagné et ce que nous avons à perdre, a déclaré Emma Thatcher, bénévole à la bibliothèque féministe ; on nous rappelle tous les jours que nos droits durement acquis ne sont pas gravés dans la pierre. Ils peuvent être annulés aussi vite que les changements climatiques politiques s’opèrent, et nous devons être vigilants pour les protéger ».

Le moindre soutien à la bibliothèque féministe est évidemment le bienvenu, depuis le don au fonds d’urgence dédié, en passant par le soutien sur les réseaux sociaux Facebook et Twitter. 

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Source : archimag.com

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