Que dire à une femme victime de violences qui se confie à vous ?

1 femme sur 5 est victime de violences physiques ou sexuelles et 1 femme sur 2 de violence psychologiques en EuropeAu vu de ces chiffres, nous connaissons forcément tous-tes une femme victime de violences que nous croisons dans notre entourage professionnel, social, ou familial. Et dans la plupart des cas, sans les voir ni savoir quoi faire.

Pour nous permettre de les aider, Clémence Pajot, directrice du Centre Hubertine Auclert, centre de ressources pour l’égalité femmes-hommes, qui lutte notamment contre les inégalités et les discriminations envers les femmes, a établi différentes manières d’accompagner une femme victime de violences à travers des phrases adéquates et un soutien indispensables. 

« Je te crois ».., 

…est déjà un bon début. 

Mkuess / Getty Images

Mkuess / Getty Images

C’est la première réponse que conseille Clémence Pajot à faire à quelqu’un qui se confie à vous après avoir été victime de violences. Ne pas douter de sa parole, même si vous ne voyez ou n’aviez pas vu de traces ou d’indices : les femmes ont souvent «tendance à dissimuler leurs coups et leur mal-être», explique Clémence Pajot, et «les auteurs de violences sont souvent de très grands manipulateurs».

Elle avance également qu’il est «parfois difficile de croire qu’une personne a priori “bien sous tous rapports” soit capable de tels actes», et pourtant «toutes les femmes peuvent être concernées et ce, dans tous les milieux sociaux.»

«Je suis là pour t’écouter.»

Medioimages / Getty Images

Medioimages / Getty Images

Être à l’écoute sans émettre de jugements est très important. Clémence Pajot explique que l’une des nombreuses stratégies de l’agresseur est d’isoler la victime :

«C’est faire en sorte que la personne agressée n’ait plus personne à qui se confier ou qui puisse être témoin de ce qui lui arrive.»

«Tu peux compter sur moi.»

Grzegorz Wójcik / Getty Images

Grzegorz Wójcik / Getty Images

Il ne faut jamais brusquer la personne victime de violences et lui dire «tu dois faire ci, tu dois faire ça», mais plutôt la rassurer au mieux en lui rappelant qu’elle peut compter sur vous et que vous êtes là pour l’aider, quoi qu’elle décide de faire.

«Tu as été victime de violences.»

Narokzaad / Getty Images

Narokzaad / Getty Images

Beaucoup de personnes ont tendance à dire que les «femmes se sont fait violenter», ce qui suppose que ce serait de leur faute : «Il ne faut jamais inverser la faute, c’est toujours l’auteur de l’agression qui est coupable», tient à préciser Clémence Pajot. Elle ajoute qu’il est très important «de mettre des mots sur ce qu’elle vit».

«C’est grave.»

Purestock / Getty Images

Purestock / Getty Images

«C’est grave, quelle que soit la forme de violence», et c’est puni par la loi. Clémence Pajot nous rappelle que le premier type de violence est psychologique, mais «qu’on a tendance à l’oublier». Viennent ensuite les violences physiques, sexuelles, verbales et économiques et qu’elles peuvent se faire «au sein du couple, au travail ou dans la rue.»

«Tu n’y es pour rien.»

Jupiterimages / Getty Images

Jupiterimages / Getty Images

Rappeler à la personne victime de violences qu’elle n’y est pour rien car l’agresseur aura toujours tendance à vouloir la rabaisser et à lui faire croire qu’elle est responsable de sa situation. Cette culpabilisation se traduit par de nombreuses remarques passives-agressives, «t’es maladroite», «t’es nulle», «tu ne sers à rien», «si je m’énerve, c’est parce que t’es bonne à rien» etc. Et «quand on est sous emprise, on doute encore plus de tout» ajoute Clémence Pajot, ce qui rend l’estime de soi encore plus difficile pour la victime.

«Tu n’es pas coupable.»

Majivecka / Getty Images

Majivecka / Getty Images

La manière de s’habiller ou le fait d’être sortie à tel endroit, à telle heure ne justifiera jamais le droit de violenter une femme. Comme l’explique Clémence Pajot à BuzzFeed France, «porter une jupe n’est pas un crime et jusqu’à preuves du contraire, l’espace public appartient à tout le monde.» Elle avance également que «toutes les femmes peuvent subir une forme de violence, quel que soit le physique, quelle que soit la tenue».

En Égypte par exemple, une organisation a créé Harrassmap, une application qui permet de signaler et recense les actes d’harcèlement sexuel. Dans un article deRue89, la déléguée générale de l’organisation Reem Wael expliquait entre autres recevoir des témoignages de femmes voilées :

«Nous avons des témoignages de femmes qui sont harcelées alors qu’elles sont complément voilées, certaines ont même le visage caché, ce qui prouve que ce n’est pas le vêtement que l’on porte qui est la cause du harcèlement.»

«Ce que tu vis n’est pas normal.»

Stegworkz / Getty Images

Stegworkz / Getty Images

L’agresseur est le seul responsable, RIEN ne justifie l’agression.

«Tu peux te faire aider.»

femmes.gouv / Via femmes.gouv.fr

femmes.gouv / Via femmes.gouv.fr

Il faut accepter le fait que toutes les femmes ne sont pas prêtes à se séparer de leur conjoint ou à porter plainte, mais il faut aussi pouvoir les orienter. «Toutes les femmes peuvent se faire aider, il faut appeler le 39 19, le numéro d’écoute nationale avec des psychologues ou des assistantes sociales vont la conseiller.» Des professionnels qui vont entendre quelle est sa situation et l’orienter au mieux, vers des associations locales ou directement adaptées à ses besoins (juridiques, psychologiques, matériels etc).

Les 4 chiffres importants à retenir :

  • Une femme sur cinq en Europe a subi des violences physiques ou sexuelles, et presque une sur deux des psychologiques, selon une enquête de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne parue l’an dernier et relayée par Libération.
  • Chaque année, en France 216 000 femmes âgées de 18 à 75 ans sont victimes de violences physiques et/ou sexuelles de la part de leur ancien ou actuel partenaire intime.
  • En région Île-de-France 80 à 90 % des femmes déclarent des violences psychologiques (dénigrement, mépris, humiliations…).
  • Selon les données de la Banque mondiale, le viol et la violence conjugale représentent un risque plus grand pour une femme âgée de 15 à 44 ans, que le cancer, les accidents de la route, la guerre et le paludisme réunis.

Source : buzzfeed.com

 SAINT-DENIS: UNE « MAISON DES FEMMES » POUR VENIR EN AIDE AUX VICTIMES DE VIOLENCES

Publicités

7 réflexions sur “Que dire à une femme victime de violences qui se confie à vous ?

  1. Bonjour, merci pour votre article qui est très intéressant. Je suis néanmoins restée perplexe devant l’affirmation suivante : « En région Île-de-France 80 à 90 % des femmes déclarent des violences psychologiques (dénigrement, mépris, humiliations…). » Pourriez-vous donner des précisions sur ce chiffre qui interpelle tant il paraît énorme ? Merci d’avance !

    J'aime

    • Ce sont des statistiques faîtes à partir des appels aux 39 19. 80-90% des 3930 femmes ayant appelé ce numéro ont déclaré des violences psychologiques. Mais ça ne veut pas dire que 90% des franciliennes sont victimes de violences psychologiques vu le faible échantillon de données. Ce sont par contre des violences très graves puisque 80% des femmes ayant appelé ont déclaré avoir subi des menaces de mort (tous les chiffres sont dans le document en pièce jointe)

      J'aime

    • SAUF qu’appeler le 3919 c’est voir un deuxième cauchemar different arrivé !
      NON il faut partir dans la famille chez une amie ET SURTOUT éviter le 39 19 éviter le dépôt de plainte !

      MOI si c’était à refaire JAMAIS JE NE SIGNALERAI et jamais je ne reporterai plainte
      car derrière le 3919 pour la femme violentée:
      c’est soit l’internement ABUSIF ( faut remplir les hopitaux)
      soit la rafle des ses enfants ( plus de 50% sont des placement ABUSIFS)
      soit classement des violences et donc condamnation de la femme pour diffamation!
      soit des gendarmes aussi violent que l’auteur
      soit des avocats ripoux qui soutirent des espèces
      soit des associations de mèches avec les avocats

      et toute les femmes que j’ai croisé en France disent la même chose que moi !
      HA SI un seul type d’homme peut être condamnable : ceux au rsa arabe ou roumain ou d’un ranfg social inférieur à la femme violentée ! pour les autres c’est l’HORREUR certaine regrettent même les coups !

      J'aime

    • la psychologie c’est l’art abstrait d’interpréter ( c’est une négation des faits et une culpabilisation de la victime !)
      la psychiatrie est sous lobbying pharmaco : écouler des médocs payés par la sécu recrudescence de psychiatrisation abusive !
      Les assistantes sociales sont formés sur les théories de pervers déviants qui ont été radiés au USA et condamnés pour propagandes pédo , pourtant si vous savez lire l’anglais leurs livres à ces experts radiés l’un d’eux s’étant suicidés sont toujours en vente et les passages pro pédos très compréhensibles mais dans les formations d’assistante sociale ou d’éducateur !

      la fin de cette article donne la NAUSEE au nom de toutes les femmes classées en mort accidentelle après avoir appelé ce numéro débile ! au nom de toutes les femmes qui ont été condamnées à dédommager leurs auteurs , au nom de toutes les femmes qui ont vus leurs enfants raflés ( car les conseils généraux touchent 7000€ par placement : un bon mélange d’argent et de social !)
      au nom de tout cela la fin de l’article DONNE LA GERBE !:
      renseignez vous sur les faits dans la pratique et arrêtez de propagander la théorie pour envoyer d’autres personnes vers ces calvaires ! arrêtez vous renseignez vous! ouvrez les yeux !

      propagander MAL c’est être complices !

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s