Justice – En prison pour ne pas avoir payé la pension alimentaire

 

Il doit près de 30 000 €. Il n’a pas versé la pension alimentaire pendant sept ans pour ses deux enfants. En son absence, il avait été condamné à un an de prison en août 2015. Il a été retrouvé et incarcéré, samedi 28 août 2016, dans l’attente de son jugement devant le tribunal correctionnel de Quimper.

En privant les enfants de leurs droits, l’ex-conjoint maintient son emprise en diminuant volontairement les ressources de la mère. 

Après une séparation, seulement 1/3 des femmes perçoivent une pension alimentaire pour l’éducation des enfants. On sait aussi que le niveau de vie de ces femmes, déjà touchées par les inégalités de salaires, baisse de 20% un an après la séparation, contre 3% pour les hommes. 

Archives Ouest-France (Photo d'illustration)

Archives Ouest-France (Photo d’illustration)

Ce père séparé disposait d’un train de vie confortable. Pourtant, pendant sept années, entre 2008 et 2015, il n’a versé aucun centime à la maman des deux jeunes enfants, qui les élève seule dans une commune du pays Bigouden.

En août 2015, en son absence, le tribunal de Quimper (Finistère) avait condamné cet homme âgé de 45 ans, qui vit et travaille en Irlande, à un an de prison pour défaut de versement de la pension alimentaire. Montant du préjudice : près de 30 000 €. En fin de semaine, les douaniers l’ont interpellé à Morlaix alors qu’il s’apprêtait à embarquer sur un bateau en direction de l’Irlande.

Samedi après-midi, il a été présenté au Parquet. Compte tenu de sa condamnation, le juge des libertés et de la détention a décidé de le faire incarcérer, en attendant sa comparution devant le tribunal correctionnel de Quimper.

Publicités

2 réflexions sur “Justice – En prison pour ne pas avoir payé la pension alimentaire

  1. En tant que « mec », j’ai pourtant difficile à avoir de la compréhension pour ce mec. Avec 30.000 euros (je décompte pas le calcul des intérêts) en sept ans, il devait 4300 euros par an à payer, soit 2150 par enfant, soit sans doute 90 par mois, ou moins (sans les intérêts !). S’il gagnait bien sa vie, c’est une paille.
    Je vais me vanter : j’ai payé ma pension, je l’ai augmenté deux fois spontanément, et le tribunal m’a légitimé contre les demandes de la mère pour avoir plus (je suis conscient que même avec des juges femmes, la légitimation du tribunal a ses limites : il n’y a pas de « justice » nette dans ces affaires-là, et tout rapport de force est suspect quand on le fige, les institutions étant patriarcales ; mais il faut que « sa vérité » (du père) reçoive une réponse du tribunal). Donc celui qui ne paye pas me dégoute. Car il meurtrit son lien aux enfants. Ce n’est pas de la responsabilité, c’est de la simple main tendue. Je ne sais pas si c’est exactement « le maintien d’une emprise », c’est en tous cas le maintien d’un déni : je ne suis pas un père valable pour vous. Et c’est très destructeur. Et l’inverse est si souvent vérifié : un père qui est resté présent en reçoit la récompense plus tard, parfois très tard, mais il la reçoit clairement.

    Aimé par 1 personne

  2. Et j’ajoute l’essentiel : il a fallu deux ou trois ans pour qu’il soit arrêté par la police des frontières, sur base d’un jugement rendu. En fait l’application des jugements reste aléatoire, demandant une deuxième procédure de la victime reconnue dans ses droits pour que la répression s’applique. Cela aussi c’est la domination masculine par le « biais » des institutions.

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s