Google, Microsoft et Yahoo bloqueront les pubs sur la détermination du sexe en Inde

Bonne nouvelle ! Une censure anti-discrimination.

#féminicide – Il y a plus de nouveaux nés de sexe masculin à cause de la surmortalité de fœtus féminins provoquée par les avortements sélectifs et infanticides de filles, notamment en Asie. 

Les familles indiennes tendent à sacrifier le fœtus (voire le bébé né) lorsqu’elles savent qu’il s’agit d’une fille.

« Pour des raisons culturelles qui remontent à de très vieilles traditions, la naissance d’une fille est souvent vécue comme un poids insurmontable par les familles indiennes, en particulier dans certaines régions. Ces familles se disent notamment qu’elles devront payer une dot pour marier la future jeune femme, et gardent l’idée qu’une femme serait moins productive qu’un homme pour répondre aux besoins du foyer. »

Pour éviter la discrimination à la naissance, l’Inde qui interdit les avortements en raison du sexe, a obtenu que Google, Yahoo et Microsoft acceptent de bloquer les publicités qui proposent aux femmes de déterminer le sexe de l’enfant à naître. Il ne sera donc plus possible de profiter des annonces Google AdWords ou autres pour acheter des kits permettant de connaître soi-même le sexe de l’enfant et par conséquent, de sacrifier les filles.

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Après un long combat judiciaire, l’Inde a obtenu que Google, Yahoo et Microsoft acceptent de bloquer les publicités qui proposent aux femmes de déterminer le sexe de leur enfant à naître.

À la suite de leur condamnation en juillet dernier par la Cour suprême indienne, Yahoo, Microsoft et Google ont accepté de se plier aux spécificités juridiques locales, et de bloquer les publicités qui proposent aux femmes des services permettant de déterminer le sexe de leur enfant à naître. Selon la BBC, le ministre de la santé a annoncé à la plus haute juridiction que les trois géants du Web américains avaient accepté de bloquer toutes les publicités comportant l’un des 22 mots clés identifiés, liés aux tests prénataux.

Il avait fallu que l’Inde livre un combat judiciaire pour obtenir cette censure, qui répond à une préoccupation très grave dans le pays. Pour des raisons culturelles qui remontent à de très vieilles traditions, la naissance d’une fille est souvent vécue comme un poids insurmontable par les familles indiennes, en particulier dans certaines régions. Ces familles se disent notamment qu’elles devront payer une dot pour marier la future jeune femme, et gardent l’idée qu’une femme serait moins productive qu’un homme pour répondre aux besoins du foyer.

Une censure anti-discrimination

Il en résulte que ces familles indiennes tendent à sacrifier le fœtus (voire le bébé né) lorsqu’elles savent qu’il s’agit d’une fille. Selon les statistiques du Programme des Nations Unies pour le Développement, il naît aujourd’hui 976 filles pour 1000 garçons, mais le ratio qui n’était que de 914 filles pour 1000 garçons en 1961 tombe encore à seulement 830 filles pour 1 000 garçons dans certaines régions très traditionnelles.

C’est donc pour éviter la discrimination à la naissance que l’Inde interdit les avortements en raison du sexe, et que les déterminations du sexe par ultra-son avant la naissance sont interdites depuis 1994. Mais comme l’avortement dans les pays qui l’interdisent encore, ces pratiques restent réalisées illégalement. S’agissant des déterminations du sexe, certains commerçants profitaient des annonces Google AdWords ou autres pour vendre des kits permettant de connaître soi-même le sexe de l’enfant, ou vanter les services d’une clinique privée.

En plus de refuser les publicités, Google bloquera également les suggestions de termes de recherche, qui peuvent être liées à de telles activités. Il affichera également des messages d’avertissement pour rappeler que la détermination prénatale du sexe est interdite en Inde.

La discussion continue sur Numerama

Lire l’article sur News Republic 

Lire l’article d’origine 

+++ Extrait :

LES VIOLS AUGMENTENT À MESURE QUE LES FEMMES DISPARAISSENT EN INDE

Rappelons qu’en Inde le préjudice contre les femmes commence avant même la naissance. Selon le dernier recensement de 2011, le ratio entre filles et garçons dans la tranche d’âge de zéro à six ans s’établissait à 914 filles pour 1.000 garçons, le pire chiffre depuis l’Indépendance du pays.

L‘avortement des fœtus féminins est une pratique illégale mais courante (et facilitée par les examens échographiques) dans un pays où la famille indienne préfère les garçons aux filles pour des raisons traditionnellement économiques et sociales.

Et cette pénurie des femmes, facilitée par les nouvelles technologies médicales mais aussi par le choix de la société indienne de faire moins d’enfants en privilégiant encore plus les garçons, s’accroit et devient une source de violences accrues à leur égard.

« Le nombre excessif d’hommes —les signes en sont déjà visibles— va forcer un large nombre d’entre eux à retarder leur mariage et pourrait empêcher les plus pauvres de se marier. Avec l’augmentation des risques de trafic de femmes et de violences de genre, il est peu probable que le statut des femmes puisse bénéficier de cette pénurie numérique« 

Avait expliqué en 2011 le démographe Christophe Z. Guilmoto dans l’article Beyond the billion: India’s demography at the beginning of the century.

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2 réflexions sur “Google, Microsoft et Yahoo bloqueront les pubs sur la détermination du sexe en Inde

  1. Bonne initiative. Le problème se pose aussi en Chine où il y aurait trois fois plus de naissances de garçons que de filles, d’où la loi interdisant à une Chinoise d’épouser un étranger à partir de 2018 (pour « l’harmonie sociale »). Tout cela est extrêmement inquiétant et pourrait donner des arguments à des secteurs bellicistes des classes dirigeantes (comme « il faudrait une bonne guerre ! « ).

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  2. Très intéressant combat des autorités contre le secteur privé. Cependant je m’interroge, ceux qui ont accès à internet et aux moteurs de recherche sont-ils ceux qui provoquent le plus de « sélection »? Et inversement, vu que c’est surtout dans les régions isolées et pauvres qu’ont lieu ces sélections, comment les populations isolées ont-elles accès à ce « savoir »? Bref je pense qu’il y a pas mal de boulot encore mais c’est un pas déjà encourageant.

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