Des Egyptiens couvrent de honte les agresseurs sexuels avec des œufs

En Égypte, les agressions sexuelles de rue restent majoritairement impunies. Seule une femme sur cent y échappe. Les gouvernements égyptiens se sont succédés mais aucun ne s’est réellement attaqué aux violences faites aux femmes, malgré leurs engagements

De jeunes égyptiens ont trouvé une manière originale pour combattre le harcèlement de rue : des œufs écrasés sur la tête des agresseurs.

Des œufs contre la violence sexuelle.© DR/Capture d'écran Youtube

Des œufs contre la violence sexuelle.© DR/Capture d’écran Youtube

C’est loin d’être anecdotique. Le harcèlement sexuel en Egypte a pris des proportions effarantes. Selon un rapport onusien datant de 2013, 99% des Egyptiennes ont subi au moins un harcèlement sexuel dans la rue. Les autorités et les associations féminines multiplient les initiatives pour endiguer ce phénomène social. En vain. Des jeunes Cairotes, dans une vidéo détectée par Middle East Eye, s’en prennent aux harceleurs en les couvrant de ridicule avec des œufs. 

Ils sont jeunes, ont un grand sens d’improvisation et d’à-propos. Leurs «victimes» – même si elles ne le savent pas encore – s’enorgueillissent de leurs actes avant de réaliser trop tard qu’elles ont fausse route. Et la sentence tombe : un œuf écrasé sur la tête.
 
Dialogue entre le jeune militant et l’agresseur multirécidiviste :

-«Donc, si vois une fille qui se promène tranquillement dans la rue, sans son frère…
-Cela signifie que ses parents l’ont autorisée à se comporter comme ça, c’est comme ça qu’ils l’ont éduquée.
-Donc n’importe qui, toi par exemple, peut la toucher. Cela ne pose aucun problème, parce que tu n’es qu’un être humain et que les êtres       humains sont faibles.
-Exactement.
-Depuis le début de l’Aïd, combien de filles ont attiré ton attention et ont fait l’objet d’attouchements de ta part?
-Beaucoup!, répond-il fièrement. Et pan sur la tête, un œuf écrasé.
-Comme ça, tu seras plus sexy, se moque le jeune militant.

«Laisse-toi faire !»

Le harceleur devient harcelé : «Si une fille est assise, je vais m’asseoir à côté d’elle». Alors qu’il raconte ses «exploits», l’interviewé subit des attouchements. Malaise. «Laisse-toi faire. Pourquoi nous n’inverserions pas les rôles pour une fois?», lui demande le militant féministe. Et un autre œuf sur la tête !
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