35h de Hanouna sur C8 : le CSA saisi par Laurence Rossignol et des féministes

 

#AgressionSexuelle  #TéléRéalité  #Hanouna  #CultureDuViol

Dans la télé Hanouna, tu peux embrasser les seins d’une femme même si elle a dit NON.

« Vous voulez lui faire un petit bisou ? », propose Cyril Hanouna à un de ses animateurs en parlant de Soraya, actrice venue interpréter Kim Kardashian dans ses 35 heures de direct non-stop. Malgré le refus de l’actrice, l’animateur profite qu’elle détourne ses lèvres pour lui embrasser un sein par surprise, sous les rires gras du public. 

Avez-vous vu son regard lorsqu’elle dit NON ? Lorsque Hanouna persiste en demandant à l’agresseur de l’embrasser de nouveau pour s’excuser ?

Embrasser une femme sur les seins par surprise, est une agression sexuelle. 

Dans une émission de divertissement, dans la rue ou dans son foyer, quand une femme dit NON c’est NON ! 

Chaque jour, des femmes de tous âges se font harceler dans la rue, à leur travail et même chez elles. Cette jeune femme est une salariée, subordonnée d’Hanouna et Maire, qui a seulement consenti à faire son job. Pas autre chose. Elle ne leur a pas donné son feu vert pour qu’ils disposent d’elle à leur guise. Seulement, elle a été traitée comme un objet, s’est faite harcelée, agressée, humiliée… sous les applaudissements d’un public bovin.

Le CSA, saisi par Laurence Rossignol et des associations féministes, a reçu plus de 250 signalements concernant cette émission. Il y a une loi, elle doit s’appliquer. L’article 222-22 du Code pénal décrit une agression sexuelle comme “toute atteinte sexuelle commise avec violence, contrainte, menace ou surprise”. Nous y sommes.

Cyril Hanouna et son animateur autour de l'actrice Soraya sur le plateau des "35 heures de baba". (Capture d'écran)

Cyril Hanouna et son animateur autour de l’actrice Soraya sur le plateau des « 35 heures de baba ». (Capture d’écran)

Source : Tribune de Laure Salmona, leplus.nouvelobs.com

Agression en direct chez Hanouna : notre société tolère les violences sexuelles

Quelques heures seulement après le débat de la primaire de droite, durant lequel Bruno Le Maire et Nicolas Sarkozy se targuaient de vivre dans un pays — la France — où le respect de l’égalité entre les hommes et les femmes est de mise, le marathon télévisuel intitulé « Les 35 heures de Baba », présenté par le tristement célèbre Cyril Hanouna, diffusait en direct une agression sexuelle.

Dans la séquence incriminée, le chroniqueur Jean-Michel Maire, faisant fi du refus, pourtant clairement exprimé, de la dénommée Soraya de l’embrasser, lui inflige un baiser sur le sein par surprise. Sans son consentement donc.

« C’est elle qui nous agresse avec sa poitrine de grosse pute »

Il s’agit d’une atteinte sexuelle réalisée par surprise, et donc d’une agression sexuelle selon la définition qu’en donne l’article 222-22 du code pénal.

Une agression sexuelle, en direct, à la télévision. Une agression sexuelle qui déclenche les rires du public. Une agression sexuelle considérée comme une simple goujaterie par le présentateur. Une agression sexuelle qualifiée de « dérapage » par certains médias.

Une agression sexuelle qui déchaîne une avalanche de commentaires, tous plus ignobles les uns que les autres, sur les réseaux sociaux et dont le dénominateur commun est de mettre en cause la victime et non l’agresseur :

« C’est pas un sein ça, c’est juste un ballon de baudruche… si on veut se faire respecter en tant que femme, alors commençons par être respectable soi même »,

« C’est ridicule !!! Y’a pas mort d’homme !!! Faut arrêter en France on n’en fini plus d’interdire !!! »,

« Toujours a polémiquer pour rien si elle avait eu un peu de pudeur sa ne ce serait pas produit »,

« C’est elle qui nous agresse avec sa poitrine de grosse pute »

Et j’en passe…

Des réactions tristement banales 

Ces réactions sont pourtant tristement banales. Pas moins de 40% des Français-e-s pensent que la responsabilité du violeur est atténuée si la victime a eu une attitude provocante en public. Et un-e Français-e sur 5 estime que beaucoup de femmes qui disent « non » à une relation sexuelle veulent en fait dire « oui ».

Notre société est, hélas, particulièrement tolérante lorsqu’il s’agit de violences exercées à l’encontre des femmes et en particulier de violences sexuelles.

Ces violences sont banalisées et deviennent des « dérapages », la responsabilité des agresseurs est minimisée, des hommes politiques accusés de violences sexuelles continuent d’exercer leur mandat tranquillement, les victimes sont soupçonnées a priori de mentir, de l’avoir cherché, d’être trop sensibles ou d’avoir mal compris, et comme l’a récemment rappelé un avis du Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes : seuls 1% des agresseurs sont effectivement condamnés.

Journalistes, pensez à la souffrance des victimes

Comment cela pourrait-il changer si les médias ne se responsabilisent pas ? Ils ont un rôle particulièrement important dans la manière dont se construit la vision dominante d’une société. Le choix des mots utilisés par les journalistes, l’image que les médias donnent des femmes, ou encore les visuels utilisés pour illustrer un article, peuvent malheureusement participer à reproduire à l’infini cette tolérance sociale au viol et aux violences sexuelles, connue sous le nom de « culture du viol ». Or, ils peuvent aussi devenir autant d’outils qui permettent de la dénoncer, de lutter contre elle et de sensibiliser le grand public aux effets délétères de cette tolérance aux violences sexuelles.

Journalistes, présentatrices et présentateurs, chroniqueuses et chroniqueurs, responsables éditoriaux, publicitaires, blogueuses et blogueurs, youtubeuses et youtubeurs, rien ne justifie un viol, une agression sexuelle ou un harcèlement sexuel, c’est l’agresseur le seul coupable et il s’agit de crimes et de délits et non de « malentendus », de « dérapages », de « drague un peu lourde » et autres « troussage de domestique ».

Prenez le temps de vous former et de vous informer, d’utiliser les mots adéquats, ne cédez pas aux sirènes du sensationnalisme, pensez à l’impact que pourront avoir vos articles, vos émissions, vos chroniques, sur les victimes de violences sexuelles, pensez à la souffrance de ces victimes.

C’est ainsi que la société dans laquelle nous vivons, société qui — n’en déplaise à Bruno Le Maire et à Nicolas Sarkozy — est encore loin de respecter l’égalité entre les femmes et les hommes, pourra, lentement mais sûrement, faire reculer cette tolérance sociale aux violences à l’encontre des femmes, celle-là même qui fait, encore aujourd’hui, en France, de la vie des victimes un véritable enfer.

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Une réflexion sur “35h de Hanouna sur C8 : le CSA saisi par Laurence Rossignol et des féministes

  1. C’est révoltant. Et dire qu’il y a tellement de personnes qui trouvent ça normal sous prétexte qu’elle a une grosse poitrine qu’elle n’a pas peur d’afficher. C’est vraiment déplorable. J’espère que le CSA va réagir.

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