Accouchement : des femmes en colère contre le recours à l’épisiotomie

 

Violences Obstétricales : « tout comportement, acte, omission ou abstention commis par le personnel de santé, qui n’est pas justifié médicalement et/ou qui est effectué sans le consentement libre et éclairé de la femme enceinte ou de la parturiente. »

Des femmes et des gynécos dénoncent cet acte trop courant en France. 44 % des femmes subissent une épisiotomie lors d’une première naissance.

Non, il ne suffit pas de voir son bébé pour qu’un accouchement soit un beau souvenir. 

La violence obstétricale constitue une atteinte à l’intégrité physique et psychique des futures mères. Elle doit être reconnue parmi les violences faites aux femmes. Il est indispensable de mobiliser les moyens de lutte pour l’éradiquer et changer de fond en comble la façon dont les femmes sont (mal)traitées lorsqu’elles mettent leurs enfants au monde. En ce début du XXIème siècle, le respect des femmes qui sous-tend notre société égalitaire doit être mis en œuvre partout, dans toutes les sphères de la société. Y compris dans les maternités.

Les témoignages sont dès lors capitaux.

De plus en plus de femmes prennent la parole sur le Net contre le recours systématique à l’épisiotomie lors de l’accouchementMAXPPP/BELPRESS/LAURENT CARO

De plus en plus de femmes prennent la parole sur le Net contre le recours systématique à l’épisiotomie lors de l’accouchement MAXPPP/BELPRESS/LAURENT CARO

Des gynécos et des mamans s’insurgent contre cet acte trop courant en France. 44 % des femmes la subissent lors d’une première naissance.

Les témoignages s’accumulent. Avec à chaque fois le même récit, la même colère. Au-delà de la douleur, les femmes évoquent une incision sans leur consentement. Si l’épisiotomie reste indispensable en cas de souffrance foetale, les patientes demandent à être informées. Certaines ont accepté de livrer leur expérience.

JUSTINE, 32 ANS, MÈRE D’UNE FILLE DE 2 ANS

« Pendant ma grossesse, je rêvais de mettre au monde ma fille de la façon la plus naturelle possible. Je m’étais beaucoup préparée. Ça a été tout le contraire. Mon accouchement a été déclenché, j’ai eu le droit à une péridurale et au forceps. Une fois mon bébé sorti, j’ai demandé à la sage-femme : Mais qu’est-ce que vous faites ? C’est alors qu’elle m’a répondu : On vous recoud, vous avez eu une épisio. J’ai eu l’impression de ne pas être considérée, ils faisaient ce qu’ils voulaient, je n’avais pas mon mot à dire. Le lendemain, quand je suis allée aux toilettes, je me suis évanouie à cause de la douleur. Mais j’ai eu la chance de m’en remettre en deux semaines. »

LAURA, 29 ANS, MÈRE D’UN PETIT GARÇON

« Je l’avais précisé dans mon projet de naissance : je voulais qu’on me tienne au courant des décisions prises. Mais cet été, lorsque j’ai mis au monde Augustin, j’ai eu une épisiotomie, prétendument parce que le coeur de mon fils ralentissait. Pourtant, pendant l’accouchement, les médecins me disaient que le bébé avançait bien. Je leur en veux énormément. Les jours d’après, j’étais déprimée, j’enchaînais les antidouleurs à la maternité. J’ai cru que je n’allais jamais m’en remettre. J’ai dû faire des massages du périnée pendant un mois, j’ai eu des fuites urinaires. »

ALEXANDRE, 40 ANS, PÈRE D’UN GARÇON NÉ EN 2008

« J’ai assisté à l’épisiotomie non consentie et non justifiée de mon épouse. Cette expérience a été très traumatisante pour elle et aussi pour moi, car je n’ai pas réussi à l’empêcher. Sur le moment, l’obstétricien nous a juste dit : On en fait toute une histoire, mais, bien recousue, dans une semaine, ça ne se verra plus ! Comme de nombreuses femmes, Myriam a beaucoup souffert de cette mutilation génitale. Nous avons saisi le Conseil de l’ordre des médecins quelques semaines après l’accouchement, mais il n’y avait pas de faute grave, nous avons été condamnés à payer 1 000 EUR de frais de justice à l’obstétricien. »

FRÉDÉRIQUE, 47 ANS, MÈRE DE TROIS ENFANTS

« Je me suis sentie utilisée. Lors de mon accouchement en 2006, j’ai entendu la sage-femme dire à l’étudiante à côté d’elle : Fais-lui une petite de 4 cm. Elle parlait d’une épisiotomie. Quelques minutes plus tard, elle lance : Là, tu vois, ça s’est passé comme dans les livres. Autrement dit, mon accouchement était idéal. Je n’avais absolument pas besoin qu’on coupe mon périnée. On venait d’utiliser mon corps pour s’exercer. Pendant trois mois, ça a été très douloureux; le premier, je ne pouvais m’asseoir que sur une bouée. J’ai préféré accoucher à domicile les fois suivantes. Sans épisio, c’était merveilleux ! »

LIRE : «L’épisiotomie ne sert à rien»

Source : www.leparisien.fr

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