Menacée d’expulsion, la militante Roghayeh Azizi Mirmahaleh a obtenu un titre de séjour !

Gros soupir de soulagement pour la dissidente iranienne Roghayeh Azizi Mirmahaleh qui devait être expulsée du Canada mardi prochain. Ottawa vient de lui octroyer un permis de séjour temporaire de deux ans qui lui permettra de rester à Montréal en attendant que son statut soit clarifié

Roghayeh Azizi Mirmahaleh

Liberté et asile pour Roghayeh Azizi Mirmahaleh !

La pétition

De nombreuses voix se sont élevées au Canada pour demander aux autorités du pays d’accorder l’asile politique à l’Iranienne Roghayeh Azizi Mirmahaleh, 60 ans, dont le statut de réfugiée a été refusé la semaine dernière.

Le Canada veut expulser la semaine prochaine, Roghayeh en Iran où elle est en danger de mort ! Nous devons touTEs nous mobiliser pour qu’elle reste près de sa fille au Canada !! J’en appelle au soutien international pour que son renvoi soit annulé.

« Enseignante au primaire, Mme Azizi Mirmahaleh militait aussi pour les droits des femmes et des enfants au sein de Mujahedin du peuple*, une organisation que le Canada avait mise sur sa liste d’organisations terroristes, avant de la retirer il y a quelques années. À la fin des années 1980, Mme Azizi Mirmahaleh a été emprisonnée et torturée, avec son mari, par les autorités iraniennes et a dû confier sa fille, encore bébé, à sa grand-mère. Elle a été libérée après avoir passé trois ans en prison, mais son mari, qui purgeait une peine de dix ans, a été exécuté. Les années qui ont suivi ont été un enfer : intimidation, surveillance constante, difficulté à se trouver un emploi. Malgré tout, sa fille parvient à faire des études et s’installe à Montréal en 2011 pour son doctorat en physique. »

Comment peut-on forcer Roghayeh Azizi Mirmahaleh à retourner chez les mollahs alors qu’elle y a déjà été torturée, emprisonnée et qu’elle risque la peine de mort !

sisyphe.org

Roghayeh Azizi Mirmahaleh, dissidente politique d'origine iranienne en attente d'expulsion du Canada Photo Credit: CBC

Roghayeh Azizi Mirmahaleh, dissidente politique d’origine iranienne en attente d’expulsion du Canada – Photo Credit: CBC

La dissidente politique d’origine iranienne menacée d’expulsion du Canada a été arrêtée

Des menaces de mort dans son pays d’origine

Amir Khadir, député de Québec solidaire d’origine iranienne, relève que « le Canada va avoir la torture et le sang sur les mains » s’il met à exécution sa décision de renvoyer la dissidente en Iran.

Stéphanie Valois, l’avocate de Mme Roghayeh Azizi Mirmahaleh, a confié à Radio-Canada qu’il est documenté que la militante des droits de l’homme risque la mort et toutes sortes de tortures dans ce pays où elle a déjà subi des traitements inhumains par le passé.

Parlant des circonstances de son arrestation par l’Agence des services frontaliers du Canada, Me Valois a relevé que c’était à l’occasion d’une visite de routine à la demande de l’agence fédérale pour examiner les procédures relatives à sa déportation.

Amir Khadir avec Roghayeh Azizi et sa fille, Sahar Bahrami

Amir Khadir avec Roghayeh Azizi et sa fille, Sahar Bahrami Photo : Radio-Canada/René Saint-Louis

Une procédure de sursis en attente

Ce n’est pas la première fois qu’une situation de ce genre avec des citoyennes ayant la double nationalité canadienne et iranienne se présente.

Il y a eu des précédents avec les cas de deux femmes qui avaient été arrêtées en Iran, incarcérées et torturées à mort pour l’une, il y a près de 25 ans. Âgée de 54 ans, Zahra Kazemi, une Canadienne née en Iran, a été incarcérée après avoir pris des photos de manifestations devant une prison de Téhéran. Après 77 heures d’interrogatoire, elle a été conduite d’urgence à l’hôpital, où elle est morte deux semaines plus tard.

L’autre, la professeure d’université Homa Hoodfar, qui a la double nationalité canadienne et iranienne, a récemment croupi pendant 4 mois dans la prison d’Evin en Iran, avant d’être libérée et ramenée au Canada à la suite d’une bataille diplomatique importante, avec la coopération de l’Oman, de l’Italie et de la Suisse, en l’absence d’une représentation diplomatique du Canada en Iran.

Dans le cas de Roghayeh Azizi Mirmahaleh, la dame de 60 ans n’a aucun statut légal au Canada, n’étant ni citoyenne ni résidente permanente.

Elle est venue au Canada à l’invitation de sa fille qui est étudiante au doctorat à l’Université de Sherbrooke, et qui n’a que le statut d’étudiante étrangère, en attendant la fin de ses études pour déposer une demande de résidente permanente.

Avec le flux actuel de migrants qui entrent de manière chaotique sur le territoire canadien et qui sollicitent, dans la plupart de cas avec succès, le statut de réfugié, Stéphanie Valois estime qu’il serait totalement aberrant, ou injuste que sa cliente ne bénéficie pas de cette même protection, alors qu’il est documenté que sa vie est en danger dans son pays d’origine.

Amir Khadir a sollicité l’intervention du ministre de la Sécurité publique du Canada, Ralph Goodale, afin qu’il accorde un sursis à la déportation. Il a également fait appel au ministre de l’Immigration du Canada, Ahmed D. Hussen, pour qu’il accorde la protection à Mme Roghayeh Azizi Mirmahaleh, dont le mari a été exécuté par le régime iranien. Elle a aussi été emprisonnée pendant trois ans avant son arrivée au Canada il y a cinq ans.

Le régime reprochait à Roghayeh Azizi Mirmahaleh et à son époux leur proximité avec le mouvement dénommé Mujahedin-e Khalq (MEK) qui était soupçonné de soutenir le terrorisme.

Source  : RCI avec Radio-Canada

Amir Khadir et Roghayeh Azizi Mirmahaleh - Photo Josie Desmarais/Métro

Amir Khadir et Roghayeh Azizi Mirmahaleh – Photo Josie Desmarais/Métro

* L’Organisation des moudjahiddines du peuple iranien (OMPI) est un mouvement de résistance armée au régime de la République islamique d’Iran. Fondée en opposition au chah, l’OMPI est demeurée active en Iran et à l’extérieur, durant et après la Révolution islamique de 1979. Elle a été notamment dirigée par Massoud Radjavi et demeure conduite en exil par son épouse, Maryam Radjavi.

L’organisation était placée sur la liste des organisations terroristes par les États-Unis de 1997 à septembre 2012, par le Conseil de l’Union européenne de 2002 à janvier 20091 et par le Home Office britannique jusqu’en juin 2008.

L’OMPI est membre du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), qui déclare lutter pour l’instauration d’un régime démocratique et laïque en Iran.

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