Les abus sexuels au sein du couple, une violence faite aux femmes à ne pas négliger

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Abus Sexuel au sein du couple = #ViolenceConjugale #AgressionSexuelle et appelons les choses par leur nom, un #ViolConjugal.

#Déni #Emprise

L’abus sexuel au sein du couple s’ajoute souvent à d’autres maltraitances conjugales. Il est plus courant qu’on le pense mais encore dénié tant par la société que par les victimes et leurs auteurs.

Déni et stratégie

L’abus sexuel une violence de l’ombre parce qu’elle touche à la sphère privée dans ce qu’elle a de plus intime. La notion du “devoir conjugal” laisse les femmes dans l’idée qu’elles doivent s’y soumettre coute que coute.

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“NON, c’est NON !” : Identifier la contrainte sexuelle au sein d’un couple est une affaire particulièrement délicate. Surtout qu’elle échappe souvent à la lucidité des victimes et des auteurs eux-mêmes. L’homme ne veut pas voir qu’il met sa partenaire sous pression. Il peut même penser (et ça l’arrange ?) que cela fait partie du “jeu amoureux” de la “brusquer” un peu. D’autant plus lorsque la femme s’y plie, sans apparente résistance (déconnection). C’est pour elle un moyen de court-circuiter la tension. La victime lâche sur le front sexuel, “pour avoir la paix”, pour préserver la sécurité des enfants, par exemple.

Les femmes ne sont pas dans l’acceptation mais dans une stratégie de survie. Elles abandonnent le domaine sexuel à l’homme. C’est comme si elles se disaient : “Qu’il se serve, je suis ailleurs.” Une stratégie qui leur permet de préserver leur identité.

Ce n’est que lorsqu’elles sont dans un travail thérapeutique, retrouvant petit à petit leur autonomie, qu’elles se rendent compte que la sexualité qu’elles vivaient n’était pas partagée mais forcée. Elles sont alors dans un mélange de sentiments, entre la honte et la peur.

Emprise

La contrainte sexuelle au sein du couple s’inscrit dans un processus autant diffus qu’impalpable. Si le viol conjugal et la contrainte sexuelle sont parfaitement balisés d’un point de vue juridique, il n’en est pas de même concernant les autres formes d’abus sexuels dans le couple. La victime sous emprise, c’est-à-dire sous la domination morale, intellectuelle, physique de son agresseur, est prise au piège d’un mécanisme dont il est très difficile de se distancier.

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L’emprise est le fait de dépersonnaliser l’autre pour se l’approprier. L’autre est déplacé petit à petit ou brutalement de sa place de sujet à celle d’objet qui doit donner satisfaction à tout prix. En matière de sexualité, on peut imaginer combien l’emprise peut être délétère. Un mécanisme entraîné par l’idéalisation du couple et de la sexualité véhiculée par les médias et par la pornographie.

S’en sortir

Le plus grand pas qu’une victime puisse faire est celui de reconnaître qu’elle est battue, maltraitée, violée…, qu’elle vit sous le contrôle de son conjoint, qu’elle n’est pas libre de ses mouvements ou des mots qu’elle veut prononcer. Lorsqu’à la question “êtes-vous en sécurité sous votre propre toit ?”, elle répond “Non”, c’est qu’elle a commencé à actionner le levier qui lui permet de sortir de la violence, qu’elle a commencé à réaliser ce qu’il se passe.Se protéger. Une démarche thérapeutique est nécessaire pour passer le cap d’une “crise” qui déclenche la séparation, par exemple une agression plus violente qu’une autre ou qui se déroule devant les enfants, qui conduit la victime malgré elle vers des structures socio-médico-juridiques, comme dans le cas pour le viol conjugal (puni par la loi). Ou alors, la victime, d’elle-même, s’oriente vers une aide associative ou médicale.

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En cas d’agression, l’appel à la loi, donc au pouvoir judiciaire, est particulièrement important et nécessaire. C’est la voix de la société qui dit s’il y a eu transgression de la loi ou non. En condamnant l’auteur des actes de violence, elle dit à la victime qu’elle n’est en rien responsable des violences qu’elle a subies. La sanction participe ainsi au processus de réappropriation par la victime de sa personne. C’est ce qui la fait sortir d’un mouvement de confusion qui lui faisait croire qu’elle avait une part de responsabilité dans les coups qu’elle recevait.

Car aucune victime de violence n’est RESPONSABLE des violences qu’elle subit ! Son corps lui appartient et à elle seule !

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TEMOIGNAGE pour illustrer le mécanisme des abus sexuels dans le couple :

Nathalie* apporte aujourd’hui un témoignage sur les abus sexuels qu’elle a vécu au sein de son couple et de l’emprise qu’avait cet homme sur elle. Puisse ce témoignage être éclairant pour toutes celles qui vivent une situation similaire :

“J’ai été avec ce garçon pendant près d’un an. Les deux ou trois premiers mois, tout se passait à peu près bien. N’ayant pas d’appartement et étant sans visa valable en France donc dans l’incapacité de trouver ni travail, ni logement autre que divers squats, il vivait chez moi et mes colocs (par pitié, ne faites pas de commentaires racistes, le fait qu’il soit un connard fini et étranger n’a tout simplement rien à voir, merci). Puis petit à petit, tout s’est dégradé. D’abord, je n’ai plus pu voir personne, même la famille et mes propres colocataires, c’était difficile. Il ne « m’interdisait » pas directement de sortir ou d’aller discuter avec qui je voulais mais si je quittais la chambre ou le lieu où il se trouvait plus de 15 minutes, ça finissait forcément en énorme dispute. J’ai du mal à comprendre comment il se débrouillait mais il me faisait bien comprendre que quoi qu’il arrive, c’était toujours de ma faute. Si il ne me faisait pas confiance, c’était de ma faute. Si il m’accusait de tout les maux à longueur de temps, je le méritais. Et à force j’y croyais. Je vous raconte cela pour que vous puissiez entrevoir dans quel état d’enfermement et de solitude j’étais. Les amis, ma famille et même les colocs n’avaient aucune idée de ce qu’il se passer. Si je m’avisais à parler du moindre problème à qui que ce soit, il me faisait culpabiliser en me disant que à cause de moi il osait plus sortir car je donnais une mauvaise (et selon lui fausse) image de lui aux gens. J’étais donc constamment terrifiée de voir éclater une autre dispute, à bout de force de me faire insulter (pute, suceuse de bites, et j’en passe).

Venons en maintenant aux abus sexuels. Au début de notre relation, on peut dire que notre vie sexuelle était plutôt riche. Mais plus notre relation s’est dégradée, plus il était difficile pour moi de le laisser me toucher, chose qu’il n’acceptait pas du tout. D’abord il insistait gentillement. Et petit à petit, ça a été bien moins sympa. Il a commencé à dire que si je refusais c’est que je le trompais (de toute façon selon lui je n’étais qu’une pute qui allait voir ailleurs dès qu’il me laissait deux minutes). Cette accusation est revenue souvent. Une fois il m’a même dit : « Au début tu faisais souvent l’amour avec moi pour m’avoir, maintenant que tu m’as tu fais plus aucun effort, tu m’as menti sur la marchandise ». Je précise que ce n’était pas dis sur le ton d’une blague. Alors des fois, culpabilisant, de peur qu’il m’accuse encore de l’avoir trompé (autre précision : je ne l’ai absolument jamais trompé, ces accusations n’étaient basées que sur sa paranoïa), je me laissais faire. Mais souvent ça me faisait mal. Je lui disais mais il refusait de sortir tant qu’il n’était pas venu. Alors de temps en temps je le virais à coups de pieds. D’autres fois, non. Car je savais à quel point il allait me faire culpabiliser après, sur le fait qu’il avait des besoins et que je n’y répondais pas. Une fois je lui ai demandé « mais tu aimes me faire mal ou quoi ? Pourquoi tu n’arrêtes pas quand je te dis que ça me fait mal ? ». Sa réponse : « Mais n’importe quoi ! Et puis il restait une minute avant que je vienne, tu peux bien tenir ».

Et cela a duré un an. Un an avant que j’arrive à le larguer définitivement après plus tentatives.

Je ne voulais plus vivre, sans penser au suicide directement. Des fois je me tapais la tête contre les murs en me disant que si je tapais assez fort, ça allait s’arrêter, enfin. Vous allez sûrement me demander : « mais pourquoi tu l’as pas lâché avant ? T’es maso ou quoi ? ». J’ai essayé, plein de fois. Pour être harcelée, insultée, culpabilisée. Alors j’acceptais qu’il revienne parce qu’au final c’était moins sur que supporter tout ça… Il a fallu qu’on en soit pas loin d’en venir aux mains pour que je me décide.

Trois mois après notre rupture, il continuait à me harceler. Une fois je lui ai donc dit qu’il avait abusé sexuellement de moi et je lui ai expliqué en quoi, calmement. Il m’a bien sûr dit que j’étais folle et que j’inventais. Quelqu’un qui abuse sexuellement de quelqu’un d’autre, surtout au sein d’un couple ne le reconnaîtra jamais.

Et tout ce que je viens de vous raconter, tout au long de notre relation, personne ne savait. Même les personnes avec qui on partageait l’appartement. Pour tout le monde, il était le garçon sympathique, souriant, et plein de vie. Pour moi il était mon tortionnaire. Ce genre de situation, ça peut toucher beaucoup de monde, même votre meilleure amie sans que vous le sachiez. Et si ça vous touche, parlez en ! N’ayez pas honte comme j’ai eu honte. C’est finalement en parlant à mes colocs, après l’avoir laissé (l’une d’entre elle avait déjà compris que quelque chose allait vraiment mal avec lui et m’a poussé à parler), que j’ai pu me relever, que j’ai compris de quoi j’avais été victime. Je fais encore des cauchemars à son sujet mais avec le temps et le soutien nécessaire, on peut se relever.

J’espère que ce témoignage pourra aider des femmes qui vivent ce que j’ai vécu à réaliser ce qu’il se passe et à partir au plus vite.”

Nathalie*

*Pour respecter l’anonymat de son autrice, le prénom a été changé.

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La violence sexuelle En quoi consiste-t-elle ?

  • Harceler sexuellement.
  • Obliger à regarder du matériel pornographique.
  • Imposer des accessoires, des tenues, la réalisation de fantasmes.
  • Obliger à poser pour des photos ou des vidéos à connotation érotique ou pornographique.
  • Contraindre à des actes non désirés lors des rapports sexuels (sodomie, fellation…).
  • Humilier durant les rapports sexuels (injures, insultes, utilisation d’objets domestiques, positions dégradantes…).
  • Agresser physiquement durant les rapports sexuels (mordre les seins, tirer les mamelons, pénétrer violemment, frapper, ligoter…).
  • Contraindre d’une manière ou d’une autre (force, menaces, bouderie, cadeaux) à des actes sexuels.
  • Violer, tenter de violer.
  • Contraindre à des actes sexuels avec d’autres partenaires.
  • Forcer à la prostitution.

A qui s’adresser ?

Violences Femmes Info 3919.

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Sans Compromis avec le Féminisme

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